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Germaine CHAUMEL

 

Par Marie et Michel PLET

Son oncle le grand photographe Provost, sa mère remarquable pianiste, son père féru de peinture, elle fut élevée dans un milieu artistique. Femme de passions, elle fut tour à tour dessinatrice, pianiste, chanteuse d’opéra (sous le pseudonyme d’Anny Morgan) navigant du théâtre du Capitole à son magasin de disque rue du Rempart Saint Etienne.

Autodidacte, elle se forme à la photographie en étudiant les travaux de Man Ray et Brassai, ses références, tous deux photographes.

Totalement oubliée de l’histoire actuelle de la photographie, Germaine Chaumel (1895-1982) fut pourtant l’une de ses plus remarquables servantes entre 1935 et 1950. Elle apparaît notamment comme l’une des meilleures représentantes de la « nouvelle vision » photographique qui se développa dans l’entre-deux guerres.

En 1935 sa passion pour la photographie devient exclusive. Elle en fait réellement son métier en 1937. Dés le début, elle mène de front le portrait et le reportage. Elle est engagée à plein temps au journal La Garonne en 1938.

Elle devient même photographe sportif des rencontres de rugby; elle livre ses photos à la mi-temps pour la vente du journal à la fin du match

Elle travaille dans un milieu exclusivement masculin et couvre les plus grands événements de l’époque : de l’exil des républicains espagnols aux milliers de réfugiés de l’exode du nord de la France et de la Belgique. Elle recueille pendant prés d’une année une famille belge juive désemparée

Armée de son Rolleiflex elle immortalise le quotidien des toulousains, du banal à l’exceptionnel; les personnalités politiques, artistiques ou religieuses.

Dans son appartement au 21 de la rue Saint Etienne (aujourd’hui rue Croix Baragnon), elle transforme le cabinet de toilette en chambre noire, aménage la grande salle à manger en studio et le salon devient la salle d’attente.
“Toute la bonne société toulousaine doit se faire photographier par Madame Chaumel.”

En 1937, Germaine Chaumel crée avec onze de ses camarades photographes le club des douze. Elle remarque le jeune Jean Dieuzaide qu’elle patronnera en 1945.
Elle participe à de nombreux salons nationaux ou internationaux ou elle obtient plusieurs récompenses grâce à ses photos artistiques.

Son mari prisonnier en 1940, Germaine Chaumel se retrouve seule avec ses 2 enfants. Elle ferme le négoce en électricité et luminaire de son mari (“Le Comptoir Général d’Éclairage”) et redouble d’activité afin de subvenir aux besoins de sa famille. Elle est engagée à plein temps chez Paris Soir et La Garonne, correspondante du New York Times, de France Presse, Keystone, ainsi que de nombreux journaux régionaux (L’Indépendant, La Petite Gironde, La Dépêche, …).

Ces photos retranscrivent bien les conditions épouvantables du moment : restrictions, rationnement, hiver glacial.

 

1942, L’occupation allemande

Le 11 novembre 1942, les allemands arrivent en zone libre. Germaine Chaumel se précipite place du Capitole afin de témoigner de l’événement malgré l’interdiction formelle de les photographier, le Rolleiflex dissimulé sous son grand manteau.
Elle est la seule à avoir immortalisé Toulouse sous l’occupation puis sa libération.
Son humanisme est constamment présent dans ses reportages et jamais elle ne photographiera la mort ou la souffrance.

Après Guerre

Après la libération Germaine Chaumel travaille pour les nouveaux journaux issus de la résistance (Le Patriote, La République et Combat). Elle continue son travail de portraitiste au studio jusqu’en 1953.

Elle part s’installer à Paris où elle abandonne la photographie au profit du dessin de mode et la confection de chapeaux.

Elle retourne à Blagnac en 1965 où elle reste jusqu’à sa mort le 12 avril 1982.

Souvent comparée à Lee Miller, célèbre reporter photographe américaine qui comme Germaine Chaumel a photographié la seconde guerre mondiale, l’une à travers les combats l’autre à travers l’occupation.

 

 

Bélinographe

Appareil permettant la transmission à distance d’images fixes par circuit téléphonique ou par radio.(ancêtre du fax) Il fonctionne jusque dans les années 60/70.
Principe : la photo est placée sur un cylindre mobile, elle est analysée par une cellule photoélectrique qui se déplace sur la génératrice du tambour en rotation.
Les niveaux de gris sont transformés en fréquence et transmis en ligne. A l’autre bout de la ligne le même système dans une chambre noire porte un papier photosensible, l’appareil convertit les fréquences en intensité lumineuse grâce à une ampoule, à la fin de la transmission développement du papier pour obtenir la photo. Pour un 18x24 il faut environ 12 mn.

 

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